Blog

autumn trees watercolor

On dit que l’automne est une saison magique pour qui sait l’égayer, que c’est la saison des poètes, et pas seulement des rhumes et de la nuit. À Rennes, nous avons de quoi l’égayer tant que c’est presque un second printemps : le retour des étudiants, tout un cortège de festivités et les arbres qui refleurissent 2059

Beaucoup de chantiers à Rennes. Pas seulement en ce moment. Mais quand même, entre le metro, le palais des congrès, le chantier eurorennes autour de la nouvelle gare et de nombreux immeubles neufs de ci de là, les grues sont innombrables à l’horizon. Les déviations au sol aussi. J’avoue que je trouve ces chantiers passionnants à regarder, et à dessiner. Je crois que dès l’enfance j’étais fasciné par le chantier en tant qu’instant de l’incréé. Et depuis quelques années je me suis mis à dessiner des croquis de chantier. Sans doute aussi le fait d’avoir rencontré d’autres personnes qui s’y intéressaient, notamment dans le cadre de « Rennes chantier d’art » (Françoise, Anne Françoise, Sophie et Vera) m’ a stimulé. En montrant mes dessins de ci-delà j’ai fini par rencontrer quelqu’un qui m’a dit que ça pouvait intéresser Rennes Metropole pour communiquer autour des chantiers et donner une image plus tendre d’une situation parfois pesante pour les riverains et usagers. J’ai profité de l’occasion pour aller dessiner sur le chantier de la gare, et à un moment, l’équipe de Territoire, agence de Rennes metropole qui s’occupe entre autres du chantier eurorennes m’a demandé si je voulais bien réaliser des vues de la future gare, avec mon style, et racontant une petite histoire. Ces illustrations sont parues dans le journal eurorennes le mag.

Voici les dessins de chantier et les vues imaginaires

 

Dans le cadre du jumelage entre les villes de Rennes et de Poznan (Pologne), je suis parti en résidence deux semaines pour dessiner la ville en tant que « urban sketcher ». L’année prochaine, un des urban sketchers que j’ai rencontré là viendra à Rennes. Cet échange a été rendu possible grâce au soutien de la maison internationale de Rennes, du comité de jumelage Rennes-Poznan à Rennes et de la maison de la Bretagne à Poznan. J’ai beaucoup dessiné pendant ces 2 semaines, et je vais vous montrer ici tous les petits dessins que j’ai réalisés à Poznan.

Poznan est une ville qui compte plus de 500 mille habitants, située au Nord Ouest de la Pologne, à equi-distance de Varsovie et de Berlin. Anciennement rattachée à la Prusse, la province de Poznan garde quelques traces de cette occupation, surtout les batiments regroupés autour du chateau, université, opéra conçus par Schinkel au 19e. Le centre historique est très joli, avec des façades colorées, de nombreuses églises et l’icône de la ville : l’hotel de ville et son beffroi légendaire. L’image emblématique de la ville est celle de ces deux chevreaux qui se donnent des coups de cornes ; tous les midis, un mécanisme fait sortir deux chevreaux mécaniques sous l’horloge de l’hotel de ville et ceux-ci se donnent douze coups de cornes. Tout cela renvoie à une légende conccomitante à la construction de ce bel édifice conçu par un architecte italien du 16e. D’autres légendes concernent la fondation de l’état polonais sur l’ile de la cathédrale, point de départ de la christianisation du pays au 10e. La ville ne manque pas non plus d’oeuvres d’architecture contemporaine, aussi bien des centres commerciaux ultra-futuristes que des monuments plus polémiques comme le nouveau chateau, tout de briques, qui se dresse sur une colline surplombant la place centrale et qui serait tout de même situé à l’emplacement d’un chateau médieval lieu de légendes lui aussi. De nombreux parcs et jardins permettent de respirer dans ce tissu urbain assez dense. L’art nouveau et son vocabulaire se montrent assez présents aussi, le « nouveau théâtre » en est un très bel exemple. L’activité est intense, mais l’ambiance est plutôt harmonieuse.

 

C’était la deuxième édition de Rennes chantier d’art dans le métro. C’était aussi ma deuxième participation et j’ai voulu proposer une sorte de performance en dessinant des portraits de tous les usagers qui le souhaiteraient. Cet événement financé et organisé avec l’aide de la direction de quartier centre et le service communication de la star (qui gère le métro et les bus à Rennes),a été organisé principalement pour cette édition par Vera Koulakoff, qui proposait pour sa part une oeuvre participative à la station Charles de Gaulle. Nous étions, avec Delphine, photographe, à la station Sainte Anne, avec une petite installation éphémère. Une bâche de 2 mètres sur laquelle était imprimé un de mes petits croquis de rue, avec une terrasse de café au premier plan. devant, quelques chaises et une table de jardin, des transats, un bout de fausse pelouse. Petit décor pour attirer l’attention et composer un cadre pour que les usagers du métro aient envie de se laisser prendre en photo, et au jeu de l’art à toutes les stations. Irruption non violente dans la banalité du quotidien de l’inattendu. Ceux qui le voulaient pouvaient aussi se faire dessiner par moi. La plupart des portraits ont été réalisés en 5 minutes environ. Nous avons fait deux après midi, en mai 2016, et une trentaine de personnes ont bien voulu que j’essaie de les dessiner. J’ai offert tous les dessins aux personnes qui ont bien voulu se prêter au jeu pour les remercier de leur patience. Je remercie aussi au passage, outre Vera et Delphine, déja citées, Simone de la DQC et Dimitri de la star.

liberté, chérie !

Posted by Etiou MALONGA on octobre 17, 2016
0
Category: Blog, theory-artdesign

en lisant un texte de jacqueline de Romilly [la Grèce antique à la découverte de la liberté] j’ai eu envie d’écrire un peu sur le concept de liberté. Les Grecs à qui nous devons tant, en tant qu’Européens vivant en démocratie, ayant acquis certains droits, exerçant certaines libertés. Les Athéniens, surtout, on forgé ce concept, en partie contre les Perses et les Spartiates, défendant pour leur part, la tyrannie.

Diviser pour mieux régner.

Aujourd’hui, c’est la guerre des A contre les B. Tu dois choisir si tu es A ou B. celui qui était ton frère, ton ami, heir encore, est désormais contre toi, dans l’autre camp/ Tu dois laisser là tes sentiments, tes intuitions, tes habitudes, tes préférences. Devenir un rouage d’une des machines de guerre contre l’autre, sinon tu seras victime des deux. Tu dois choisir un camp. Te soumettre à la guerre, rentrer dans le jeu. Sinon, tu n’es qu’un esclave, une femme, un animal, un être sans voix. Il te faut mépriser tout cela pour devenir un soldat dans un camp contre l’autre camp.

Pour les Grecs, tu es libre si tu n’es pas un esclave, une femme ou un animal. Si tu perds la guerre, tu deviens esclave du vainqueur, ta femme devient elle aussi esclave du vainqueur, ainsi que toutes les femmes qui te sont attachées, et tu perds ton droit de parole. La raison du plus fort est ici toujours la meilleure. On retrouve un peu cette idée chez Machiavel pour qui force et vertu se confondent presque. La parole est un glaive. Tout n’est que lutte permanente et la liberté des uns se gagne contre celle des autres, vaincus, privés de droits.

On pourrait, à l’inverse, penser que la parole qui représenterait le mieux l’intérêt général serait neutre, détachée de tout partisianisme et non celle qui viserait à défendre ou abolir les privilèges ou droits de tel ou tel groupe. Et l’on voudrait énoncer là que la parole ne pourrait être dite « libre » seulement lorsqu’elle n’est pas liée à la défense de certains intérêts personnels ou de groupe. On peut avoir le sentiment qu’une élite cherche plutôt à maintenir le peuple sous domination, gagnant sa liberté et ses privilèges en maintenant le peuple dans l’incapacité de parler – ce de plusieurs façons : en le noyant sous un flot d’informations qui ne le concernent pas et sur lesquelles il ne peut agir ni vérifier ; en le maintenant occupé par le travail (et le surendettement) et des obligations qui ne lui laissent pas le temps de penser ; en le faisant tomber dans l’illégalité à des degrés plus ou moins élevés pour le disqualifier et le priver de ses droits. On peut, à l’inverse commettre légalement certains délits et crimes (vols, spoliations ou autres) si l’on est du « bon côté » de la loi et que ceux contre qui on les exerce sont visiblement du mauvais.

La loi n’est pas la même pour tous. Par exemple, le policier en service peut commettre des actes qui seraient normalement qualifiés de crimes. Autre exemple, l’entreprise CocaCola achète légalement des tonnes de feuilles de coca. Et il semble douteux qu’ils détruisent les principes actifs de la cocaïne qu’ils soustraient de leur boisson populaire alors que le stock de cocaïne pure ainsi obtenue pourrait valoir des millions voire des milliards de dollars.

Autre thèse : plus on monte dans la hiérarchie d’une organisation, plus on devient inconsciemment le ventriloque de l’organisation : là non plus, point de parole libre, sauf à s’imaginer virtuellement en capacité de se désolidariser de l’organisation et de la critiquer. D’un autre côté, on peut entendre une autre voix dire que les politiques d’allocations sociales sont faites pour maintenir ou réduire au silence les opposants potentiels. Que dire aussi bien des postes parfois très grassement rémunérés offerts à des « amis » par certains élus ou hauts fonctionnaires, qui sont peut-être aussi le prix d’un silence. Revoir « manufacturing consent » de  Chomsky ? On réduit la liberté à un choix pensé par les experts du marketing y compris politique entre quelques étiquettes devenues contenu.

On discrédite les personnes pour ne jamais répondre aux arguments. Petites phrases et scandales recouvrent l’actualité legislative et l’activité legislatrice, et éludent tout débat d’idées argumentées, toute confrontation prospective reposant sur une vision ou un idéal. Celui-ci est cantonné dans le monde onirique du spectacle de divertissement, opposé définitivement au sacro-saint principe de réalité.

Je ne suis pas si sûr que c’est moi qui délire.

Oeuvrer pour la paix est-il possible ?

Malgrè : la volonté de puissance, la soif de destruction, la pulsion de mort, les chants de la séduction, la peur des autres ; toutes ces voix qui parlent en moi depuis Freud et sa tentative de colonisation des cerveaux humains.

L’écrit permet plus facilement de dissocier toutes ces voix pour retrouver un être libre en soi qui pourrait parler.

Et c’est là peut-être que l’on peut adhérer à la thèse de Kant sur la liberté qui réduit à peu ce qu’il est raisonnable d’espérer en ce domaine. [critique de la raison pratique]. L’homme n’est pleinement libre de ses actes que lorsqu’il est en adéquation avec la loi morale. Et il postule que nous la connaissons tous car nous sommes tous très habiles à critiquer les autres. Mais Machiavel met en garde celui qui voudrait faire profession d’être homme de bien et purement vertueux, dans un monde où personne d’autre n’a fait ce choix ; ses chances de survie sont faibles. Il faut, selon lui, savoir faire le mal en exerçant son libre arbitre, au risque de conséquences inconnaissables; les échecs nous apprennent les limites, nous apprenons à essayer d’être libres, quelles que soient les conditions.

La tête remplie des stéréotypes construits pour canaliser ma haine, ma colère, ma jalousie, mes désirs, mes rêves, mes peurs ; en guerre contre les A ou les B ; je ne suis plus libre. Si j’essaie de faire attention aux autres, à ne pas trop les heurter, les mépriser, les malmener, je gagne peut-être un peu de liberté.

Liberté relative et négociée avec les autres, liberté réciproque négociée et non absolue.

Tolérance – disconnexions – notion de sacré.

hiérarchisation différente des valeurs. Nous n’accordons pas tous la même importance aux mêmes choses. nous ne voulons pas tous les mêmes libertés. Nous ne voulons pas une liberté définie par les autres, qui serait absence de liberté. La notion d’autonomie chez les Grecs implique cette capacité à se donner soi-même des lois [Castoriadis] ce qui semble s’opposer à ce que la loi soit la même pour tous. Ou peut-être faut-il une loi qui soit assez souple pour laisser chacun négocier des tolérances qu’il lui faudra « payer » d’une manière ou d’une autre. Dans le modèle ultra-libéral, on s’approche de ça. je dois me soumettre, renier tout ou partie de ma liberté pour avoir les moyens et le temps et les conditions d’exercer ma liberté. Même l’héritier qui semble n’avoir rien fait pour mériter sa fortune doit bien un peu se plier aux exigences de sa famille pour jouir un peu de sa fortune.

Rien n’est gratuit dans ce modèle. Et rien n’est jamais acquis non plus. Athéisme sans espérance auquel s’oppose l’idéal Kantien. Ou l’amour universel du surréalisme. Aimer les autres tels qu’ils sont, et les laisser libres d’être, de changer ; ne pas les enfermer dans une définition qui nous arrange.

la fresque du moulin logeais : histoire

Posted by Etiou MALONGA on septembre 15, 2016
0
Category: Artiste, Blog

L’histoire de cette oeuvre a débuté sans moi, elle se poursuivra aussi sans moi après l’accrochage prévu le 24 septembre 2016, inspirant je l’espère d’autres oeuvres.

j’ai commencé à participer au projet de cette fresque au printemps 2015. J’avais d’abord participé au festival des Talents’Z Anonymes organisé dans les centres sociaux rennais. J’avais emmené un collage à Cleunay et on m’a dit de contacter Christophe, de Carrefour 18. Il m’a invité à une réunion avec la direction de quartier et d’autres habitants du centre ville (Simone, Vera, Françoise, Anne-Françoise et Sophie). Il s’agissait d’organiser l’opération « Rennes chantier d’art prend le metro ». À un moment on m’a demandé si j’avais une idée. J’ai proposé de faire un dessin rassemblant quelques monuments rennais pour faire un coloriage collectif ouvert à tous les usagers du metro. Petit budget, une grande planche et quelques crayons, projet validé. De réunion en réunion, on m’a parlé d’un autre projet, porté par les résidents du quartier, de produire une peinture collective pour habiller le mur du moulin Logeais.

Pourquoi ce mur particulièrement ? On a construit récemment là une passerelle qui relie deux rives d’un bras de la Vilaine. On l’appelle la passerelle « Odorico » en mémoire d’un artiste mosaïste qui habitait le quartier. Sur la passerelle on a collé une bande de tessons de mosaïque retrouvés dans son atelier. On a aménagé là un espace propice à la médiation poétique… des plantes, de petits arbres, quelques bancs, la rivière, le moulin.. On voudrait là une peinture qui raconte le quartier, l’histoire de la ville … Comme il y a là un moulin, il faudrait évoquer les céréales, le pain, les moissons, des enfants qui jouent … On veut aussi montrer que le quartier est cosmopolite, et surtout, on veut que ce soit une oeuvre collective, où les habitants participent.

J’ai proposé de faire le dessin, la composition sur des panneaux de bois, que ces panneaux soient repartis dans les écoles et les centres de loisirs du quartier, qui étaient déjà impliqés dans le projet avanat mon arrivée, et qu’ils soient mis en couleur par les participants aux ateliers arts plastiques de ces établissements. On a pris rendez-vous pour la rentrée afin que je propose une esquisse sur papier de la composition. J’ai aussi à ce moment là pensé que j’allais devoir transiger mes principes et travailler d’après photo pour inclure des éléments que je n’ai pas été dessiner sur le motif. À ce moment là aussi j’ai pensé à Mathurin Méheut et son travail sur le travail. Sa passion même pour dessiner les hommes au travail, et montrer la noblesse du travail. Et j’avais en tête non son travail sur la pêche, mais ses nombreux dessins représentant les travaux des champs. C’était un contemporain d’Odorico, et cela me semblai faire sens aussi parce que c’est une image du passé, du temps où les chevaux n’avaient pas été remplacés par les tracteurs ; et l’on voulait évoquer cela, ainsi que le lien à « l’arrière-pays » breton qui est toujours la terre nourricière de la ville.
Autre rapport au temps : le livre d’heures et le représentation des saisons. La fresque peut se lire aussi comme telle : l’hiver à gauche, l’arbre effeuillé, la terre nue et grise, le labour, la ville moyennageuse ; puis le printemps, les semailles, les premières fleurs, les enfants qui jouent ; l’été vient ensuite, avec les céréales, les fleurs ; les moissons, l’automne, et à nouveau la ville, la rentrée des classes et le moulin ; et c’est à nouveau l’hiver mais aussi le bon pain, les gâteaux et l’annonce d’un nouveau printemps par les musiciens.

esquisse pour la fresque logeais

esquisse pour la fresque logeais

Il a fallu un petit moment pour que l’esquisse soit validée par la commission culture et autres instances institutionnelles.

Puis en décembre et janvier j’ai reporté l’esquisse sur les 17 panneaux de bois (préparés et peints en blancs par les membres dirigeants de l’association des résidents du quartier Thabor St Hélier Gare, dont le président Alain, Patrick et Anne Marie) de 1,5 par 1 mètre. J’ai fait quelques modifications par rapport à l’esquisse originelle (mesurant environ 1 mètre par 8 centimètres) et rajouté de nombreux éléments. Les conditions de travail étaient un peu dures, le local qu’on m’avait prêté pour ce travail étant peu éclairé et non chauffé. C’était pour moi un défi technique aussi, même si j’ai l’habitude d’agrandir mes petits dessins pour en faire de grandes toiles. La livraison des panneaux s’est faite dans les temps et c’était une joie de voir les responsables des écoles et autres structures participantes repartir avec leur morceau de la fresque en devenir.

 

panneaux de bois encrés bruts

panneaux de bois encrés bruts

On a fait un peu la tournée avec Alain pour présenter le projet à tous les participants. On a vu un peu les étapes de la mise en couleur, mais je ne suis pas intervenu directement dans les ateliers en question. On a récupéré tous les panneaux en juin. Beaucoup de surprises : des merveilles, des bizzareries, des éclats de rire et de joie inattendus, mais aussi quelques dégâts à réparer : des endroits où le dessin avait complètement disparu sous les barbouillages enfantins. On avait prévu de refaire tous les contours, les débordements étaient prévisibles. J’ai donc passé tout l’été à refaire les contours, et les détails tels que les visages pour redonner de la cohérence et de la lisibilité à l’ensemble de la fresque. La plupart du temps, j’ai laissé la peinture telle quelle, sauf en quelques endroits où le blanc était resté et là où tout était recouvert. Quelques panneaux ont été peints par d’autres artistes rennais qui ont fait des merveilles : merci à Odile, Jo et Vera ! Les enfants ont amené fraîcheur et spontanéité, je les remercie et j’espère qu’ils se sont amusés, que l’exercice ne les a pas dégoûtés, qu’ils seront fiers de passer devant. J’espère que cette fresque amènera de la joie et de l’énergie aux passants? J’espère que ce projet inspirera d’autres projets. J’espère que tous les participants y ont pris plaisir et appris quelque chose, et que cela leur donne envie de croire en leurs talents.

Je tiens à remercier tous les participants, dont les prénoms sont inscrits sur le 18è panneau. Et aussi toutes les institutions et associations qui ont accueilli une partie des panneaux et ont intégré ce travail à leur programme :

L’association des résidents Quartier Laënnec St Hélier Gares, l’association Pari Rennes, le Cercle Paul Bert Centre, le collectif chantiers d’art, le conseil de quartier Thabor St Hélier Alphonse Guérin, la crèche Alain Gerbault, le Crédit Mutuel de Bretagne, les Écoles Faux Pont, Liberté et Pablo Picasso, l’Espace des 2 rives, le pôle St Hélier Médecine physique et de réadaptation et la ville de Rennes.

Dessine moi ma maison

Posted by Etiou MALONGA on juillet 1, 2016
0
Category: Blog, Cityscapes, Croquis-darchitecture

Si vous aimez votre maison, je peux vous réaliser une aquarelle en quelques heures. Pour vous ou pour offrir. Ou une vue d’un endroit que vos aimez, qui vous rappelle de bons souvenirs. Il vous suffit de m’emmener, de me montrer l’endroit, de m’indiquer l’angle de vue qui vous plait. Récemment, une amie m’a demandé sept vues de sa maison, qu’elle allait quitter, pour offrir à chacun de ses enfants et pour elle aussi. D’autres personnes m’ont demandé cela pour emmener avec eux dans leur résidence secondaire. Si c’est loin, il faudra m’emmener et ce sera peut-être toute une histoire. J’aime dessiner les maisons. Et rencontrer les personnes qui les habitent, les ont rêvées, embellies, agrandies, peuplées d’histoires. Nous avons tous une relation sentimentale à l’endroit où nous vivons. La maison, c’est l’abri, le nid, le lieu où l’on se ressource, où l’on se recharge, où l’on se défait des armures nécessaires. On peut aussi s’en servir comme d’un théâtre, où l’on se donne à voir, où l’on se crée pour les autres un personnage non immédiatement utilitaire. Le lieu où l’on git, aussi, où l’on pense et où l’on doute. Mais la façade, énonce-t-elle tout cela ou est-elle un trompe-l’oeil, un parement, un bouclier ? Une interface de négociation entre soi et les autres peut-être et toujours des travaux à refaire. la maison est un être vivant, seulement si elle est habitée ? Par quelqu’un qui a envie de la faire vivre et briller…

Pour la fresque destinée à être posée sur le mur du moulin Logeais, à Rennes, auprès de la passerelle Odorico. Les enfants de l’école de la liberté sont ici en train de peindre tous ensemble un panneau de bois sur lequel a été préalablement posé un dessin à l’encre. Ils peuvent utiliser des matières, qu’ils collent, pour donner du relief, ils peuvent inventer des motifs ou des manières de jouer avec les couleurs et les textures. Mais il est vrai que leur liberté est limitée, car ils doivent respecter le dessin. Ce n’est pas parce que c’est le mien. Mais les habitants du quartier, réunis en association, et qui ont commandé la fresque veulent qu’il y ait un dessin qui ait une cohérence d’ensemble. Et ils ont choisi aussi le thème, listé tous les éléments qu’ils voulaient voir représentés. J’ai proposé un petit dessin qui a été validé, puis je l’ai reporté sur les panneaux de bois (il y en a 17) et quand on va les rassembler, il faut que l’ensemble fonctionne et que les lignes se rejoignent pour que l’on puisse lire l’image et y trouver un sens. Même si tous n’y verront pas la même chose et n’y liront pas la même histoire..